La lumière du soleil andalou filtre à travers les rideaux, mais ce n’est pas elle qui me tire du sommeil ,c’est une sensation bien plus douce, presque imperceptible : un souffle chaud qui remonte le long de ma cuisse. J’ouvre un œil, encore embrumé, pour te découvrir, tu es là,créature de lumière presque irréelle, t’amusant à me réveiller de la plus belle des manières. Ta bouche ne touche pas ma peau, seul ton souffle parcourt mon corps, remontant de mon de mes bourses jusqu’à mon cou en t’attardant tout particulièrement  sur les zones sensibles que tu rencontrerais en chemin, jouant de tes cheveux pour amplifier le phénomène. Je t’observe amoureusement tandis que tu t’installes au dessus de moi , énigmatique , m’embrassant sans même dire un mot alors que tu t’installes sur moi , ton bassin se posant juste au dessus de mon sexe durci avant de le guider en toi, toujours dans un silence presque irrelle qui me fait douter un instant : suis-je toujours en train de rever ? 

tu t’enfonces doucement, millimètre par millimètre, dans un soupir qui se mêle au mien, tu ne cherches pas la performance, ni la vitesse, juste la sensation. Tu t’allonges de tout ton long sur moi, féline et sensuelle, frôlant mon corps avec le tien et te lovant contre moi pendant que nos bras renforcent cette étreinte passionnelle. Le rythme est lent, languissant, calé sur notre respiration, ton bassin ondule legerement mais ton sexe lui pulse de désir, mes mains passent dans ton dos , de ta nuque jusqu’à tes fesses arrondis, s’arretant parfois à tes reins pour te prendre un peu plus profondément encore, t’arrachant un râle de plaisir et un sourire bien plus erotique encore.

Puis, comme mue par une envie de plus, tu décides de changer la dynamique, te redressant avec une lenteur majestueuse, t’appuyant sur mes pectoraux pour te grandir et laissant tes cheveux tomber en cascade sur tes épaules. Mes mains quittent alors tes flancs pour accompagner ton mouvement, remontant le long de ton buste pour venir envelopper tes seins, mes pouces caressant doucement tes tétons qui durcissent sous mon toucher, avant de glisser plus haut, jusqu’à la courbe de ton cou où je peux sentir ton pouls s’accélérer. Encouragée par cette caresse possessive, tu modifies la cadence, ne te contentant plus de glisser mais jouant avec la profondeur, te soulevant presque entièrement pour mieux redescendre et t’empaler sur toute ma longueur avec une lourdeur voluptueuse qui t’arrache un gémissement plus profond, trahissant l’intensité de la sensation. Je le sens, je le vois et je ne peux rester passif : à chaque fois que tu descends, je donne un léger coup de bassin vers le haut, venant heurter ton col, cherchant cette zone profonde qui te fait basculer la tête en arrière dans un dialogue silencieux et charnel.

L’intensité monte, l’air devient électrique et la langueur du réveil laisse place à l’urgence du besoin. Tu te cambres davantage, rejetant le buste en arrière pour t’éloigner de moi et m’offrir la vision sublime de ta gorge tendue et de tes seins qui pointent en défiant la gravité. Ta main viens trouver ton clitoris gonflé et le caresse en rythme avec nos bassins qui s’entrechoquent toujours plus fort. Ton intimité m’enserre par vagues, m’aspirant en toi avec une ferveur qui menace de me faire perdre tout contrôle, mes mains se resserrent sur ta taille, guidant fermement tes mouvements frénétiques jusqu’à ce que la tension devienne insoutenable. Tu cries, un son clair et joyeux qui résonne dans la chambre, et tu jouis, ton corps parcouru de spasmes longs et puissants, avant de t’écrouler sur moi, inerte, essoufflée et heureuse, me couvrant le visage et le cou de baisers, nos cœurs battant à l’unisson contre nos poitrines collées.

Le calme revient peu à peu dans la chambre, seulement troublé par nos respirations qui s’accordent et la chaleur de nos peaux qui redescend doucement. Pourtant, je sens contre moi que tu n’es pas tout à fait rassasiée de découvertes, ni tout à fait apaisée. Tu tournes la tête vers la porte entrouverte de la salle de bain, un sourire en coin se dessinant sur tes lèvres encore humides de nos baisers.

« Dis-moi… » murmures-tu en passant un doigt joueur sur mon torse, descendant vers mon bas-ventre, « on n’a pas encore pris le temps d’inaugurer cette fameuse douche tropicale, non ? Il serait dommage de gâcher un tel équipement… »

Je ne peux m’empêcher de sourire face à ton insatiable curiosité qui rejoint parfaitement mon envie inassouvie. Je te prends la main et nous quittons le désordre des draps pour pénétrer dans ce qui ressemble plus à un temple dédié à l’eau qu’à une simple salle de bain. L’espace est monumental, habillé de pierre brute couleur sable et de bois clair, mais ce qui coupe le souffle, ce sont ces immenses puits de lumière qui percent le haut plafond. Le soleil andalou, désormais haut dans le ciel, s’y engouffre en colonnes dorées, inondant la douche centrale d’une clarté divine et crue.

« C’est… incroyable… » souffles-tu, fascinée par cette impression d’être à ciel ouvert tout en étant protégée du monde.

La douche n’a pas de paroi en verre ou de séparation , je vais faire couler l’eau et immédiatement, une pluie tiède et dense commence à tomber du plafond, créant un rideau de vapeur scintillant qui traverse les rais de lumière. L’ambiance est à la fois tropicale et luxueuse, une invitation au lâcher-prise total. Je me tourne vers toi, l’eau commençant à perler sur mes épaules, mon désir intact vibrant à nouveau devant ta beauté sublimée par cet éclairage zénithal.

« Viens… » dis-je simplement, en te tendant la main à travers la vapeur.

Je te tire doucement pour que tu gouttes à cette sensation d’eau tiède ruisselle sur ton corps et ton sourire vaut milles mots… Je m’empare du savon et le fais mousser abondamment entre mes paumes avant de commencer ce rituel que je connais par cœur. Mes mains glissent sur ta peau mouillée, redessinant chaque courbe, chaque plein et chaque délié de ta silhouette que je vénère. Je masse tes seins, sentant tes pointes durcir sous mes doigts glissants, je descends sur ton ventre , tes hanches, avant de passer dans ton dos. Je m’accroupis pour laver ton entrejambe avec une lenteur calculée avant de descendre jusqu’à tes chevilles. Une fois cela fait , je profite de ma position pour laisser ma verge, dure et savonneuse, glisser dans ton sillon interfessier lorsque je me relève lentement. Tu frissonnes, non de froid, mais de plaisir et tu savoures que ton sujet prenne soin de sa Reine avec une telle dévotion , te laissant aller , la tête en arrière sous l’ondée tropicale pendant que j’embrasse ta nuque et ton cou avant de les savonner.

Au fur et à mesure que mes caresses se font plus insistantes, je te guide vers le mur du fond, là où la pierre est ruisselante comme une cascade intérieure. Je te plaque contre la paroi et capture tes lèvres dans un baiser fougueux, mêlant notre salive à l’eau rendue brillante par les rayons du soleil. Sans rompre le baiser, je glisse ma main sous ta cuisse et relève ta jambe haut sur ma hanche. L’équilibre est fragile, le sol est glissant, nous pourrions tomber à tout instant, mais cette précarité ne fait qu’attiser notre faim. Tu t’accroches à mes épaules, plantant tes ongles dans ma peau, et je te pénètre d’un coup de rein franc. Tu te donnes entièrement, t’offrant à mes coups de boutoir qui claquent contre ta chair mouillée, gémissant dans ma bouche jusqu’à ce que tes spasmes t’emportent une nouvelle fois.

Je repose délicatement ta jambe, te laissant reprendre ton souffle contre mon épaule pendant que je te rince, pensant l’acte terminé. Mais tu as une autre idée derrière la tête : alors que je te fais pivoter pour rincer ton dos, tu ne te laisses pas faire. Tu viens t’appuyer des deux mains contre le mur de pierre, le buste penché, et tu écartes franchement les jambes, m’offrant la vue vertigineuse de ton cul ruisselant. Ta main passe entre tes cuisses, cherche ma verge encore gorgée de sang et de savon, et avec une autorité lascive, tu la guides vers ton anus. La glisse est parfaite. Je comprends ton envie. Je pousse doucement, profitant de la mousse pour franchir ton anneau sans douleur. Tu te cambres davantage, tes fesses venant s’écraser contre mon bassin, m’invitant à aller plus loin. Je te prends alors délicatement, trouvant un rythme hypnotique, plus tu te cambres, plus je rentre profondément dans ton petit cul serré et plus tes gémissements se transforment, tantôt plaintes sourdes, tantôt cris de jouissance pure qui résonnent sous le puits de lumière. La tension monte d’un cran, brutale. Je serre les dents pour ne pas gicler tout de suite, mais voir ta main libre descendre pour masturber ton clitoris avec frénésie m’excite au plus haut point. C’est le coup de grâce et quand enfin tu jouis de façon animale, ton corps secoué de tremblements incontrôlables, les ondes qui parcourt ton anus ne me laisse plus le choix : je relâche tout et me laisse aller, t’inondant de foutre comme rarement, libérant toute l’excitation accumulée depuis ce réveil… Nous restons collés l’un à l’autre , savourant ce double orgasme extrêmement intense pour l’un comme pour l’autre , reprenant notre souffle en échangeant baisers et caresses, sous le soleil qui nous regarde.

Une fois séchés, je t’arrête d’un geste doux alors que tu te dirigeais vers ta valise, posant ma main sur la tienne pour te guider vers les portes coulissantes en bois précieux du dressing. «Tu peux aussi utiliser ceci , j’ai pris la liberté de compléter ta garde-robe pour l’occasion. » Je m’efface pour te laisser seule face à ce trésor, reine de tes choix, tandis que je file en cuisine. Tu prends le temps de caresser les étoffes, tes yeux s’illuminant devant la robe de soirée tissée d’or ou l’ensemble cuir et soie, mais ton instinct te guide vers la tenue idéale pour cette journée solaire : un simple bas de bikini échancré recouvert d’une jupe portefeuille en lin blanc immaculé, dont la boucle dorée rappelle les fines chaînettes du débardeur en soie couleur sable que tu enfiles.

C’est au moment où tu franchis le seuil de la chambre que tes sens sont assaillis. Une odeur puissante, terrienne et envoûtante a envahi la villa, te faisant instantanément saliver, réveillant une faim que nos ébats matinaux avaient déjà creusée. Tu suis ce parfum de sous-bois jusqu’au grand salon baigné de lumière où je suis en train de dresser la dernière assiette. Au bruit de tes pas, je me fige, l’assiette à la main, et je me tourne vers toi. Le temps se suspend. Je ne dis rien, je ne bouge plus, je me contente de te regarder. Je détaille la façon dont la soie tombe sur ta poitrine, la courbe de tes hanches soulignée par le lin blanc, tes cheveux encore humides qui ondulent sur tes épaules… Tu es l’incarnation même de l’élégance décontractée, une vision qui me coupe le souffle et me conforte dans mon envie de te traiter comme une princesse. Un lent sourire étire mes lèvres, mélange de fierté et de désir, avant que je ne reprenne mes esprits pour déposer l’assiette sur la table basse face à la mer.

“Tu peux venir t’installer , c’est prêt !”. Tu t’approches et découvres l’origine de ce parfum enivrant : une omelette baveuse, généreusement garnie de copeaux de truffe noire dont l’arôme se marie à la perfection avec les tranches de jambon cru ibérique que j’ai disposées en chiffonnade et la fraîcheur des fruits coupés. Nous déjeunons là, face à l’immensité bleue, prenant le temps de savourer chaque bouchée, le silence n’étant rompu que par le bruit des vagues et nos soupirs de satisfaction gourmande.

Une fois rassasiés, je te tends la main pour t’inviter à me suivre sur le ponton où le clapotis de l’eau berce un petit bateau à moteur. Je t’aide à monter à bord, ma main s’attardant sur ta taille, et nous quittons la crique. La navigation est courte mais magnifique, le vent jouant avec tes cheveux pendant que je t’emmène à quelques milles de là, vers une tache de verdure posée sur le bleu profond. C’est un îlot privé, minuscule, un secret que je voulais partager avec toi. Il n’y a pas de pontons , nous devons ancrer le bateau pour nous y rendre à la nage ! Nous enlevons nos vêtements et plongeons dans l’eau chaude pour nager jusqu’à la petite plage ombragée qui nous attend.  Allongés dans ce havre de paix où le seul bruit est celui vagues frappant les rochers et le bateau amarré un peu plus loin , nous profitons d’une vue à couper le souffle : nous sommes véritablement seuls au monde, protégés par des pins parasols centenaires. Nous nous laissons griser par ce sentiment d’isolement total pour échanger des caresses tendres, savourant juste le fait d’être là, ensemble, coupés de tout. 

La chaleur nous pousse finalement à l’eau et nous nageons dans une transparence cristalline, nos corps se frôlant et se cherchant sous la surface comme deux amants au premier jour. A un moment tu réalises que l’eau est si claire qu’on voit les poissons passer près de nous et qu’on peut observer la faune et la flore sans que notre présence les gêne.   En sortant de l’eau, l’air marin caressant nos peaux mouillées, nos baisers sur le sable deviennent plus insistants. Ce n’est plus l’urgence du matin, c’est une vague de fond, profonde et émotionnelle. Je t’allonge sur le sable chaud et t’embrasse longuement, prenant le temps de goûter le sel sur tes lèvres. Comme c’est souvent le cas , nos baisers embrasent nos corps tout entier : mes mains parcourent lentement ton corps , glissent de ton cou jusqu’à tes seins , de tes seins à tes reins , de tes reins à tes fesses… Ton bikini disparaît aussi rapidement que nos vêtements sur le bateau et il est rapidement rejoint par ce short qui devenait un obstacle à notre désir. Aprés de longues minutes à s’embrasser et se caresser , je viens entre tes cuisses avant de dévorer ton corps , jouant de ma langue et de mes dents sur tes seins puis de déposer des baisers avant d’arriver à ton sexe déjà luisant d’excitation. Lorsque ma langue finit par t’effleurer , c’est une onde électrique qui parcourt ton corps , t’arrachant instantanément des gémissements et m’invitant à continuer. Je prends mon temps , profitant de la vue : d’abord ton sexe , nu , débordant de cyprine , gonflé de sang , exaltant un parfum si excitant que j’ai du mal à refreiner mes pulsions. Ensuite plus loin , il y a tes seins , tendus à l’extrême , tes tétons si durs que lorsque je tends la main pour les pincer , tu poses la tienne immédiatement dessus pour me guider et me l’enserre lorsque la sensation est trop forte. Viens ensuite ton cou , où je peux lire ton souffle court , haletant et pour finir , ta tête penchée en arrière , tes dents se serrant autour de tes doigts pour ne pas crier alors que personne ne pourrait t’entendre… Lorsque tu jouies , je prends tout mon temps , savourant chaque coups de langue , chaque frémissement de ton corps , chaque caresse de tes doigts dans mes cheveux , chaque seconde où tu t’abandonnes à moi.

Je remonte lentement vers ta bouche , t’embrasse tendrement pendant que tu écartes les jambes pour accueillir ma queue en toi. Je te pénètre avec une lenteur délibérée, cherchant à sentir chaque millimètre de ton corps m’accueillir. C’est une étreinte douce, délicate, en harmonie totale avec le balancement de la mer toute proche.  Je te regarde dans les yeux, ancrant mon regard dans le tien alors que je vais et viens doucement en toi, et je vois l’émotion te submerger : nous avons si souvent baisé , cherché le plaisir le plus intense que pour une fois , nous faisons l’amour et dans ce cadre c’est presque irréel. Ici, au milieu de nulle part, cette connexion est si pure que lorsque l’orgasme te saisit, il est d’une intensité rare, te faisant trembler non pas de violence, mais d’une plénitude absolue qui nous laisse, une fois l’acte fini, longuement enlacés sur le sable, bercés par le silence de notre île déserte.

Le temps passe et notre seul repère pour cela est le soleil qui s’élève toujours proche de son zénith , la mer et nos ébats nous ont mis en appétit , nous nageons jusqu’au bateau et sur place nous pouvons nous installer à l’ombre de la toile pour manger quelques fruits , des oeufs , du jambon et surtout nous désaltérer.

“Dis moi ma reine , tu veux rester un peu ici ? tu veux rentrer ? aller en ville ?”

“Restons encore un peu , seuls , loin de tout.. personne ne nous attends et j’ai juste envie de profiter de toi…”

“Vos désirs sont des ordres madame…”

“tu ne devrais pas dire ça…” me réponds tu avec un sourire carnassier lourds de sous entendus

Nous passons le début d’après midi à alterner entre jeux aquatiques et moments lascif où tu te blottis dans mes bras , proche de t’endormir , un petit sourire gravé. Lorsque la chaleur devient trop forte , nous regagnons une dernière fois le bateau et rentrons. Nous profitons encore une fois de la douche où tu prends un malin plaisir à me décrire ce que tu as aimé ce matin lorsque je t’y ai prise pendant que tu me laves le dos , les bras et que tu caresses , pardon laves , ma verge jusqu’à m’en faire jouir. Très fière de toi , tu m’enlaces et m’embrasse avec beaucoup de malice et m’entraine dans le lit pour reprendre nos câlins. Pas de sexe pourtant , juste des baisers , des caresses , des mots tendres : un moment intime où on pouvait laisser s’exprimer ce qu’on ressent vraiment l’un pour l’autre.

La sieste crapuleuse et les caresses de l’après-midi ont laissé place à une nouvelle énergie. Le soleil commence à décliner, peignant le ciel de nuances violettes, signalant qu’il est temps de se préparer pour le deuxième acte de cette journée. Tu t’enfermes dans la salle de bain pour te préparer et pendant que je te laisse ton intimité, je profite de la douche extérieure pour me rafraîchir. Lorsque tu ressors, tu portes la fameuse robe noire. Le tissu est une merveille d’ingénierie textile, sombre comme la nuit mais tissé de milliers de fils d’or qui captent la moindre lueur. Elle moule ton corps à la perfection, mais je sais que le véritable trésor est en dessous. Je devine, à la courbe de tes hanches et à ta posture, l’armure de séduction que tu as revêtue : le soutien-gorge qui pigeonne ta poitrine, le serre-taille qui sculpte tes reins, le string minuscule et les bas qui crissent doucement l’un contre l’autre quand tu marches. De mon côté, j’ai troqué le short de bain pour une élégance estivale mais étudiée : un pantalon sombre, coupé près du corps, et une chemise en lin blanc, cintrée, dont les premiers boutons ouverts laissent deviner mon torse bronzé. Quand nos regards se croisent, l’étincelle est immédiate. 

Nous prenons le bateau pour rejoindre Malaga et noujs nous rendons en taxi vers les hauteurs de la ville, là où se niche un restaurant conceptuel dont l’adresse ne se transmet qu’entre initiés. Notre entrée ne passe pas inaperçue. À peine avons-nous franchi le seuil que les conversations s’estompent légèrement. Je sens les regards peser sur toi, admiratifs, envieux. Je perçois les chuchotements qui soulignent ta beauté irréelle et ma chance insolente. Loin de m’en agacer, j’en tire une fierté immense. Qu’ils regardent. Qu’ils désirent. Tu es à moi. 

Le maître d’hôtel nous guide vers une pièce privée, un cube de verre suspendu au-dessus de la falaise, isolé du reste du monde. Il n’y a qu’une seule table, dressée face à une baie vitrée ouverte sur la crique en contrebas. La pièce est uniquement éclairée par une multitude de bougies de tailles différentes posées à même le sol et sur la table, dont les flammes dansent doucement, se reflétant à l’infini dans les vitres et sur les fils d’or de ta robe.

Nous nous installons et le ballet silencieux du service commence. Pour ce soir, j’ai demandé au chef une carte blanche, une ode à l’Andalousie, légère et raffinée. L’entrée arrive : un Tartare de Gambas Rojas de la Caleta, ces crevettes rouges locales au goût si particulier, servi sur une fine gelée d’eau de tomate et parsemé de fleurs d’ail. « C’est d’une finesse… » murmures-tu après la première bouchée, tes yeux se fermant pour mieux apprécier l’iode et la douceur du crustacé. Sur la nappe blanche, ma main avance et vient couvrir la tienne. Tes doigts se glissent immédiatement entre les miens, scellant notre connexion. Je caresse ton pouce avec le mien, admirant le contraste de ta peau pâle sur ma main plus sombre, tandis que nous continuons de manger d’une seule main, ne voulant pas rompre le contact.

Le plat principal est une merveille d’équilibre : un Dos de Bar de ligne cuit à la nacre, accompagné d’une mousseline de céleri rave et surtout, nappé d’une sauce vierge aux agrumes de la vallée du Guadalhorce. L’acidité du citron vert et la douceur de l’orange sanguine viennent réveiller la chair fondante du poisson. Mais alors que nous dégustons ce plat, le spectacle de la lune se levant sur la mer noire nous appelle. « Viens… » dis-je doucement. Nous nous levons, laissant nos assiettes inachevées, et nous approchons de la baie vitrée. Tu te places devant moi, tes mains posées sur la vitre fraîche. Je viens me coller à ton dos, mes bras entourant ta taille, mon menton se posant sur ton épaule nue. Tu pousses un long soupir et t’abandonnes totalement contre moi, tout ton poids reposant sur mon torse. Je respire ton parfum, mêlé à l’odeur des bougies et de la mer. « Je suis si bien, P… J’ai l’impression d’être dans un rêve. » Je dépose un baiser sur ta nuque, juste à la lisière de tes cheveux. « C’est la réalité, ma Reine. Et tu en es le centre. » Nous restons ainsi de longues minutes, bercés par le ressac lointain, sentant la chaleur de nos corps traverser le tissu de nos vêtements, une étreinte immobile et pourtant vibrante de tout ce que nous nous promettons pour plus tard.

Nous regagnons la table pour le final, une note de fraîcheur absolue pour clore ce festin : une Nage de fruits rouges au poivre de Timut, surmontée d’une quenelle de glace à la menthe poivrée. Le contraste est saisissant. Tu plonges ta cuillère dans la glace vert pâle et la portes à tes lèvres. Le froid intense, le piquant du poivre et la puissance aromatique de la menthe te font frissonner de plaisir. Tu me regardes, une lueur malicieuse et gourmande dans les yeux, et tu tends ta cuillère vers ma bouche pour me faire goûter. Je saisis ton poignet, léchant la glace avec une lenteur délibérée, mes yeux ancrés dans les tiens. « Frais… et brûlant à la fois, » dis-je, ne parlant pas uniquement du dessert. « Comme toi. »

Nous quittons le restaurant, l’esprit encore embrumé par l’alcool et la magie du lieu, pour rejoindre le port où notre bateau nous attend. La fraîcheur de la nuit sur l’eau contraste avec la chaleur qui monte en nous. Je prends la barre, poussant les manettes pour faire rugir le moteur et fendre l’eau noire en direction de notre crique. Je suis concentré sur la navigation, le regard fixé sur les lumières lointaines de la côte, quand je sens ta chaleur se plaquer dans mon dos. Tu ne t’assois pas. Tu restes debout derrière moi, tes bras venant s’enrouler autour de ma taille, tes mains glissant sur mon torse à travers ma chemise en lin, tes ongles griffant légèrement mes pectoraux. Ta poitrine s’écrase contre mes omoplates, et je sens à travers le tissu de ta robe que tes tétons sont durs comme de la pierre. Tu te hisses sur la pointe des pieds, tes lèvres venant frôler le lobe de mon oreille, ton souffle chaud me donnant la chair de poule avant même que tu ne parles. Le bruit du vent et du moteur nous isole du monde, créant un cocon parfait pour les aveux inavouables.

« Tu sais à quoi je pensais, tout à l’heure ?… » murmures-tu d’une voix qui n’a plus rien de l’élégance sage du dîner, une voix basse, chargée de vice. Je ne réponds pas, attendant la suite, mes mains se crispant sur le volant. « J’avais une envie folle que tu balayes tout… Que tu me prennes sur cette table… au milieu des bougies et de l’argenterie. » Ta main descend audacieusement vers mon bas-ventre, frôlant ma braguette sans s’y arrêter, juste pour me rappeler ce qui m’attend. « Et les parois de verre ? » continues-tu, plus provocante que jamais. « Je m’en foutais… Le monde entier aurait pu nous regarder. Ils auraient pu me voir jouir sous toi, écarter les cuisses et salir cette belle robe de cyprine devant le grand public… J’aurais adoré ça, P. J’aurais adoré être ta chienne magnifique aux yeux de tous. »

Tes mots agissent comme un détonateur. Je serre la barre à m’en blanchir les jointures pour ne pas couper le moteur et te prendre là, sauvagement, sur le pont humide. Cette image de toi, offerte et exhibitionniste, finit de briser le peu de retenue qu’il me restait. Je pousse les gaz à fond, le bateau bondissant sur les vagues, pressé de rentrer pour concrétiser tes fantasmes. Le trajet se termine dans une tension insoutenable. Je coupe le moteur, amarre le bateau à la hâte, et te tire presque sur le ponton, marchant vers la villa d’un pas rapide, guidé par une urgence animale.

À peine la porte franchie, je ne te laisse pas le temps de souffler. Je t’entraîne vers le dressing aux murs couverts de miroirs. Je te plaque contre la glace, mes mains courant sur ton corps, jouant du contraste entre la chaleur de mes paumes et la fraîcheur du verre sur ton dos nu. Je caresse tes flancs, remonte vers ta poitrine pigeonnante, ivre de ta beauté démultipliée par les reflets.

L’urgence me gagne, balayant la retenue du restaurant. D’un geste brusque, je retrousse ta robe aux reflets d’or jusqu’à ta taille, dévoilant tes jambes gainées de noir. CLAC ! Ma main s’abat sur ta fesse rebondie avec une vigueur qui fait trembler ta chair. Tu sursautes, un gémissement de surprise se perdant dans ma bouche alors que je t’embrasse pour étouffer ton cri. Sans attendre, ma main glisse sous la dentelle de ton string et mes doigts plongent en toi. Je ne demande pas la permission, je te doigte fort, avec une possessivité brute, sentant ta chatte se gorger de cyprine instantanément sous l’effet de la surprise et de l’excitation. Pour ancrer ma domination, mon autre main remonte le long de ton buste pour venir se refermer sur ta gorge, mon pouce pressant juste assez fort contre ta trachée pour te faire haleter, te tenant là, épinglée contre le miroir, offerte et prise.

Mais soudain, au sommet de cette tension, l’atmosphère bascule. Tu ne te dérobe pas, mais tes mains se posent sur mes épaules et me repoussent doucement, mais fermement. Ton regard a changé. La lueur amoureuse du dîner et la soumission de l’instant ont laissé place à une autorité sombre et excitante. Tu te dégages de mon étreinte, lissant ta robe d’un geste lent, sans me quitter des yeux. « Laisse-moi faire… » murmures-tu.

Tu te laisses glisser à genoux devant moi. Tu prends ton temps, savourant ton pouvoir. Tes doigts défont ma ceinture, libèrent les boutons de mon pantalon, et tu sors ma verge qui bondit, dure et impatiente. Tu ne la prends pas tout de suite en bouche. Tu joues. Ta langue, pointue et chaude, vient d’abord effleurer le dessous, descendant le long de ma hampe pour venir tourmenter mes bourses. Tu les roules dans ta bouche, aspirant la peau sensible, me faisant grogner et renverser la tête en arrière. Puis tu remontes, léchant le frein avec une lenteur exquise, me regardant droit dans les yeux, avant de m’englober enfin, m’aspirant avec une technique parfaite qui me met au supplice.

Je n’y tiens plus. Je te relève, te retournant face au miroir. Je retrousse ta robe sur tes reins, dévoilant l’architecture complexe de ta lingerie, ce mélange de dentelle et de peau qui me rend fou. Je te pénètre par derrière, nos regards se verrouillant dans le reflet. Voir ma verge disparaître en toi, voir ton visage se déformer de plaisir dans la glace est une drogue. Mais tu m’arrêtes à nouveau. Tu te dégages et me pousses vers le tapis moelleux au centre de la pièce. « Allonge-toi… » ordonnes-tu d’une voix rauque. « Par terre. Maintenant. »

Surpris mais totalement captif de ton audace, je m’exécute. Tu viens te placer au-dessus de moi, à califourchon. Tu es somptueuse, tes cheveux tombant en rideau doré, ta robe remontée sur tes hanches. « Ne me regarde pas… » souffles-tu en guidant mon sexe en toi. « Regarde le miroir. Regarde-nous dans le reflet. Rien d’autre. »

Tu commences à bouger et pour la première fois, je ne dirige rien. Je suis spectateur. Je te vois dans la glace, chevauchant mes hanches, la tête renversée, offerte à ton propre reflet autant qu’au mien. Ta main glisse entre tes cuisses, tes doigts jouant avec ton clitoris, et tes mouvements s’accélèrent. C’est là que je sens mes barrières céder. D’habitude, je contrôle, je temporise, je gère ton plaisir. Mais ce soir, la vision de ta jouissance sans retenue me submerge. Tu enchaînes un premier orgasme, tes parois se contractant sur ma verge avec une force qui me fait grimacer de plaisir. Je veux ralentir, te laisser respirer, mais tu refuses. « Non… continue… ne t’arrête pas… » Tu reprends ta course folle, variant les angles, tantôt penchée en avant, tes seins offerts au miroir, tantôt cambrée. Je sens la vague monter, incontrôlable. Je ne suis plus le Roi qui dispose, je suis ton amant, perdu dans la sensation de ton sexe qui me tait. Tu jouis à nouveau, plus fort, tes cris résonnant dans la pièce, et cette fois, je ne lutte plus. Je m’abandonne totalement. Je laisse tomber les armes. Je me cale au fond de toi et je laisse mon propre plaisir exploser en synchronisation parfaite avec tes spasmes. C’est un feu d’artifice viscéral, une décharge brutale où je me vide en toi sans retenue, les yeux rivés sur ton reflet, hurlant ton nom, fusionnant nos souffles et nos fluides dans un chaos magnifique qui nous laisse, finalement, effondrés l’un sur l’autre, le cœur battant à tout rompre, vaincus par notre propre désir.

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