Ambiance musicale :
Il est 14h ce vendredi et te retrouver a, comme toujours, cette saveur particulière de l’interdit et de l’évidence mêlés. Fidèle à ce jeu de piste que j’aime tisser autour de nous, j’ai laissé planer le doute jusqu’à la dernière seconde, jouant sur tes nerfs et tes envies avec cette fausse piste de BnB coquin. Je t’ai vue sourire, un peu nerveuse, en scrutant les panneaux d’affichage. Et lorsque nous allons enfin à la porte d’embarquement, tu découvres la destination : Malaga. J’ai adoré voir tes épaules se détendre et ton regard s’illuminer. L’Espagne. La promesse d’une chaleur qui ne viendrait pas seulement du soleil.
Comme toujours sur ce genre de vol, l’appareil est à moitié vide, et nous choisissons stratégiquement le dernier rang, loin des regards indiscrets, isolés dans notre bulle dès que les moteurs vrombissent. La pression du départ retombe pour laisser place à une tension électrique, sourde, palpable. Un simple regard échangé suffit. Un sourire en coin flotte sur tes lèvres alors que tu te tournes vers le hublot, feignant de t’intéresser aux nuages, m’offrant ton profil et l’accès à ton corps. Ma main trouve ton genou, puis glisse doucement sous l’ourlet de ta jupe légère. Je sens ta peau frémir sous ma paume. Je remonte lentement, caressant le galbe de ta cuisse, savourant la chaleur qui émane de toi. Je m’attends à rencontrer la dentelle d’une culotte, mais mes doigts ne trouvent rien. Rien que ta peau nue, brûlante, d’une douceur affolante. Je marque une pause, surpris, et tourne la tête vers toi. Tu soutiens mon regard, tes yeux pétillants de malice et de désir pur, un aveu silencieux de ton impatience. Sans un mot, tu écartes imperceptiblement les cuisses et viens poser ta main sur la mienne. Loin de m’arrêter, tu guides mes doigts, exerçant une pression ferme pour les plaquer contre ton sexe déjà humide. Ce n’est pas un assaut, c’est une communion. Je commence à te caresser, des mouvements lents, circulaires, précis. Je sens ton souffle se suspendre, ta poitrine se soulever plus vite sous ton chemisier. Tu fermes les yeux à demi, la tête renversée contre le siège, mordant ta lèvre pour étouffer ce soupir de plaisir qui naît sous mes doigts. Dans cet espace confiné, bercés par le ronronnement des moteurs, chaque caresse devient une décharge, chaque frisson partagé une promesse pour la suite.
L’atterrissage nous sort de cette transe avec douceur et l’air andalou nous accueille, lourd et parfumé. Le trajet en taxi jusqu’au centre-ville change un peu nos habitudes : pas de voiture privée ou de location pour une fois. Le chauffeur nous dépose au port et nous profitons du grand ciel bleu en nous arrêtant à une terrasse pour prendre un verre de vin et quelques tapas. La place est bondée de monde et pourtant, nous y sommes seuls, tous les deux, les yeux rivés au large, savourant la caresse du soleil, le bruit du vent, l’odeur iodée. « Je ne sais pas si tu imagines à quel point je pouvais avoir besoin de ça ! Le soleil, la mer… on a déjà tout ça à la maison, mais tout est plus intense ici ! Merci d’avoir organisé tout ça… » dis-tu soudainement entre deux gorgées. « C’est tout l’intérêt de nos moments à discuter. J’aime savoir que tes fantasmes sont parfois bien loin des miens et qu’un week-end loin de tout t’apporte ce sourire radieux qui me séduit tant… »
Nous continuons de savourer nos verres puis je me lève pour payer te laissant encore profiter un peu. À mon retour, je te prends par la main pour te guider et à ta grande surprise, nous n’allons pas en direction de la rue et des hôtels mais vers un ponton avant de déposer nos sacs dans un petit bateau à moteur. Nous nous installons à l’arrière tandis que le navigateur nous emmène jusqu’à l’adresse que je lui ai indiquée. Pendant tout le trajet, je suis captivé par ce moment que j’ai si souvent imaginé ces derniers jours, essayant d’en mémoriser l’essence : ton parfum qui se mêle aux embruns, la chaleur du soleil et celle de ton corps, la douceur de ta peau sous mes doigts, le goût de tes lèvres sous les miennes. Mais surtout il y a le soleil qui commence à peine à décliner et illumine la surface de la Méditerranée d’une couleur dorée et rougeoyante, cette même couleur que prennent tes cheveux une fois que le vent les entraîne… cette image est gravée en moi plus encore que tout le reste.
Le bateau ralentit pour contourner la pointe rocheuse d’une falaise et enfin la villa commence à se dévoiler : une architecture de verre et de bois, comme suspendue au-dessus de l’eau, reliée à une crique privée par de majestueux escaliers remontant de la plage jusqu’à la terrasse. « Wow… P… c’est… irréel… » Nous débarquons et, tels deux adolescents en fugue, nous gravissons les escaliers en riant, l’excitation du lieu nous gagnant à chaque marche. « C’est la maison d’un ami. J’ai conçu tout son système de sécurité il y a quelques années… Disons qu’il me devait un service. » Je me tourne vers toi, un sourire possessif aux lèvres : « Il n’y a personne à des kilomètres à la ronde. Juste toi et moi. Pour trois jours entiers. »
Même depuis la terrasse, la maison semble immense, ouverte sur l’infini. Nous rentrons, accueillis par la fraîcheur d’une climatisation discrète mais si agréable. Nous posons nos affaires dans la chambre et je m’approche pour te déshabiller lentement, savourant chaque seconde de cet effeuillage, ponctuant chaque vêtement d’un baiser, d’une caresse ou de regards complices. À chaque vêtement que je t’enlève, tu procèdes au retrait d’un de mes atours et notre danse ne se finit que lorsque nous sommes enfin nus l’un comme l’autre et que tu m’entraînes vers le lit pour une longue et sensuelle étreinte où nos corps ne cessent de lutter contre l’envie de se faire du bien, là, maintenant, tout de suite… Nos baisers sont torrides, nos lèvres gourmandes et nos mains ne sont pas en reste. Si je suis sur toi, mes lèvres descendent jusqu’à tes seins et jouent avec tes tétons avant de remonter jusqu’à ton cou. Lorsque c’est toi qui me surplombes, tu tentes de tenir mes bras au niveau de ma tête pendant que ton bassin ondule lascivement au-dessus du mien et que chaque contact est plus électrique que le précédent. Nous jouons de ce désir, laissant de côté tous les rituels et les codes pour ne vivre que l’instant présent.
Une fois repassé sur toi, je te fais rouler sur le ventre avant de m’allonger sur toi, te tenant les bras dans le dos et venant mordiller ta nuque. Mon sexe tendu frôle le sillon de tes fesses et ma bouche remonte jusqu’à tes oreilles pour y glisser un sensuel « Bon.. et si on allait se baigner ? » qui te fait instantanément éclater de rire. Je te vois ouvrir ta valise et je te rejoins pour juste t’entourer d’une serviette. « Il n’y a personne ici, c’est une zone privée et la navigation y est fortement restreinte alors reste simplement comme ça… » « Nue ? » « Oui. » Ma réponse te surprend, autant l’un que l’autre nous ne sommes pas adeptes du naturisme mais c’est justement le côté interdit et nouveau qui est le plus excitant alors tu attaches la serviette autour de ta taille et me précèdes toute guillerette à l’idée de continuer nos caresses sur ce petit banc de sable qui n’attend que nous. Nous franchissons la baie vitrée et tu ne peux t’empêcher de prendre quelques secondes pour admirer le lieu : la terrasse est spacieuse, ombragée à la fois par les falaises et la végétation qui l’entoure et protégeant une table en bois, quelques chaises et un barbecue à même la pierre. À proximité se trouve une petite dépendance ouverte où tu peux voir des verres suspendus et du matériel divers. La partie ensoleillée est occupée par une magnifique piscine, des chaises longues, un jacuzzi avec vue sur la mer. L’ensemble est élégant, donnant à cette terrasse un aspect personnel bien différent des hôtels où nous avons pu aller. Je vois à ton regard que l’endroit te plaît au plus haut point et que tu savoures chaque seconde comme j’ai pu le faire sur le bateau. Je te prends par la taille, murmure à ton oreille « 3 jours… Nous sommes ici 3 jours et tu seras la reine de ces lieux pendant toutes ces vacances ». Tu te retournes et m’embrasses avant de prendre ma main pour m’entraîner à nouveau vers la plage où nous attendent deux transats à quelques centimètres de l’eau. Nous posons les serviettes et nous jetons à l’eau comme deux enfants, alternant les brasses et les étreintes, les baisers et les caresses plus explicites…
Après avoir batifolé comme si nous étions seuls au monde, nous allons vers les transats mais au lieu de nous allonger comme des vacanciers, tu prends les serviettes et les poses à même le sable, collées l’une à l’autre avant de me faire venir près de toi. Je m’assois et tu prends place dans mes bras, te lovant et fermant les yeux pour savourer le côté irréel de la scène. Mes mains parcourent ton corps, et de temps en temps, ta bouche remonte jusqu’à la mienne pour prendre ton dû. D’humeur câline, je te fais t’allonger sur le ventre et je profite de l’excuse de te passer de la crème solaire pour masser délicatement ton dos, tes fesses, tes jambes et je finis par tes pieds. « Tu avais l’air un peu fatiguée du voyage, je me suis dit qu’on pouvait mêler l’utile à l’agréable… » Tu ne dis mot, te contentant de sourire et de grogner lorsque je fais mine de m’arrêter… alors je continue laissant le soleil décliner progressivement et nous envelopper d’une couleur cuivre qui se reflète aussi bien dans l’eau que sur le sable fin. Je m’allonge à tes côtés et chuchote un simple « je suis bien quand tu es là », tu te loves tout contre moi et nous manquons de nous endormir, ‘sauvés’ par l’eau de mer venant chatouiller nos pieds. Nous nous relevons et allons profiter de la terrasse : je place deux transats face à la mer et un parasol pour nous protéger au cas où Morphée nous jouerait à nouveau un tour. J’installe une table basse entre nous et des matelas confortables avant de te faire allonger. « Tu veux boire quelque chose ma reine ? » « Tu ne m’avais pas promis un cocktail personnalisé ? Je veux du rhum, que ce soit frais et que ce ne soit pas un mojito ! »
Je m’éloigne et vais jusqu’à la petite cabane, attrape un grand verre et inspecte les bouteilles disponibles : de la glace pilée, un rhum arrangé à la vanille de Madagascar pour le corps, un fond d’amaretto pour la douceur, un jus de citron vert entier et un peu de jus d’ananas pour le côté tropical… Lorsque je reviens vers toi, le verre à la main, je vois ton regard s’attarder sur mon corps, descendre sur mon ventre et s’arrêter sur mon érection que je ne cherche pas à cacher. Tu prends le verre, un sourire malicieux aux lèvres, et lances d’un ton faussement prude, prolongeant notre complicité de l’avion : « Dites-moi, jeune homme… on ne vous a jamais appris qu’un serveur n’est pas censé montrer aussi… physiquement… son attirance pour une cliente ? » Ton rire cristallin éclate, et je ne peux m’empêcher de sourire à mon tour. Puis, après avoir goûté ton cocktail, tu me dis « et toi ? tu ne bois pas ? ». Je te réponds avec le même ton provocateur que tu as pris pour te moquer de mon érection : « Je crois que mon cocktail est déjà servi chère cliente… » avant de m’allonger entre tes jambes et commencer à lécher délicatement ton sexe. Tu joues le jeu, tenant ton verre d’une main, l’autre posée sur ma tête, écartes les jambes et te laisses faire, gémissant entre deux gorgées… Je ne me contente pas de te lécher. Je savoure ta réaction, ce léger tremblement de tes cuisses contre mes épaules, ce soupir qui s’échappe de tes lèvres à chaque passage de ma langue sur ton clitoris. Mais soudain, je m’arrête. Tu ouvres les yeux, surprise par cette interruption, tes lèvres encore entrouvertes, prêtes à protester. Je te fais un signe du regard vers le verre que tu tiens toujours, dont les parois perlent de condensation. « Il manque un ingrédient pour que le service soit parfait, Mademoiselle… » Sans te laisser le temps de comprendre, je tends la main et prélève délicatement un peu de glace dans ton verre. Je le porte à ma bouche, le gardant juste derrière mes dents, sentant le froid envahir mon palais. Puis, je replonge. Lorsque ma langue revient au contact de ton intimité brûlante, le choc est immédiat. Tu pousses un cri étouffé, ton bassin se soulève brusquement. Le contraste entre la chaleur de ta peau et le froid mordant de mon souffle glacé est violent, exquis. Je fais glisser le glaçon le long de tes lèvres, laissant l’eau fondre et se mêler à tes sucs. Mais tu décides soudain de ne pas me laisser jouer seul. Sans lâcher mon regard, tu plonges deux doigts dans ton verre, remuant les glaçons pour bien les refroidir et les gorger de sucre avant de venir les glisser toi-même sur ton sexe. Le geste est précis, provoquant. Tu mélanges le rhum vanillé à ton propre nectar et tu offres ce cocktail improvisé à ma bouche. Je me jette dessus comme un affamé. Je lèche tes doigts, j’avale ce mélange sucré-salé qui te fait gémir de plus belle. Je t’aspire, je te bois, et cette fois, il n’y a plus de retenue. Ton bassin claque contre ma bouche, tes cuisses m’enserrent à m’étouffer et tu jouis, fort, sans un mot, juste un souffle coupé qui se transforme en un cri libérateur face à la mer.
Je me redresse lentement, essuyant le coin de ma bouche d’un revers de main, un sourire satisfait aux lèvres. Pour moi, le service est terminé, la « dégustation » a été un succès absolu. « J’espère que ce rafraîchissement était à la hauteur de vos attentes, Mademoiselle A… » dis-je avec une ironie douce, prêt à me lever pour aller chercher une serviette et te laisser reprendre tes esprits. Mais tu ne l’entends pas de cette oreille. Tes mains, au lieu de se relâcher, se crispent soudain dans mes cheveux, m’empêchant de reculer d’un millimètre. Ton regard, encore voilé par l’orgasme, s’est durci d’une exigence nouvelle. Tu n’es plus la cliente qui déguste, tu es une femme affamée. « Tu ne vas nulle part… » souffles-tu, la voix rauque. D’un mouvement brusque, tu te redresses à demi sur le transat, ignorant ta fatigue, guidée par une faim impérieuse. Ta main glisse sur mon torse mouillé, descend vers mon ventre et empoigne ma verge, dure comme la pierre, qui pulse contre ton abdomen. « Tu m’as ouvert l’appétit, P… Maintenant, je veux le plat de résistance. Tout de suite. » Tu ne me laisses même pas le temps de répondre ou de savourer ma victoire. Tu tires sur mon sexe, guidant mon gland vers ton entrée ruisselante de notre mélange sucré-salé. Je me laisse faire, trop excité par ta fougue pour maintenir le jeu de la distance. Je pèse de tout mon poids sur toi, calant mes genoux de chaque côté de tes hanches sur le matelas du transat. Et quand je rentre en toi, c’est une glissade parfaite, presque indécente. Le rhum, la salive, ta cyprine… tout se mélange pour m’accueillir dans une chaleur moite, collante et sucrée qui me fait grogner de plaisir dès le premier centimètre. Tu cambres les reins, m’avalant jusqu’à la garde d’un seul coup, tes talons venant se planter dans le sable de part et d’autre du transat pour t’ancrer, comme pour être sûre que je ne pourrai plus m’échapper. « Là… » gémis-tu contre mon cou, tes ongles s’enfonçant dans mon dos. « Prends moii… et ne t’arrête plus… »
Je commence à bouger, d’abord lentement, pour bien imprégner mes sens de cette texture unique. Le mélange de sucre et de fluides crée une succion incroyable à chaque retrait, un bruit de ventouse érotique qui se mêle au ressac des vagues toutes proches. Je te sens serrée, avide, tes parois massant ma verge avec une vigueur qui trahit ton impatience. J’accélère la cadence. Les lattes du transat gémissent sous nos assauts, mais ce bruit est vite couvert par le claquement de ma peau contre la tienne. Je te vois renverser la tête en arrière, tes cheveux balayant le tissu éponge, ta gorge offerte aux derniers rayons du soleil. Je me penche pour mordre doucement ton épaule, goûtant le sel de la mer qui a séché là, tandis que mes reins travaillent sans relâche. Tu n’es plus dans la passivité du massage ou de la dégustation. Tu es actrice. Tes jambes se relèvent pour s’enrouler autour de ma taille, me verrouillant contre toi, m’obligeant à aller plus profond, à toucher ce point sensible que je connais si bien. « Encore… P… plus fort… » Je réponds à ta demande avec une brutalité mesurée. Je te prends avec toute la frustration accumulée dans l’avion, toute l’attente du voyage. Mes mains attrapent tes seins, les pétrissant, jouant avec tes tétons durcis, cherchant à saturer tes sens. Je te sens monter, ton souffle se hache, tes mots deviennent incohérents. La texture collante du rhum commence à sécher légèrement, augmentant la friction, rendant chaque poussée plus intense, plus brûlante. C’est une course effrénée. Je sens la vague arriver pour moi aussi. Je te regarde une dernière fois, les yeux mi-clos, les lèvres rouges et gonflées, magnifique dans ton abandon. Tu cries mon nom, un cri qui se perd vers le large, et ton corps se contracte violemment autour de moi, me trayant littéralement. Je ne peux plus retenir. Je m’écrase contre toi, enfouissant mon visage dans ton cou, et je me vide en toi par saccades puissantes, mêlant ma semence à ce cocktail improbable qui nous a servis de prélude. Nous restons là un long moment, nos souffles courts se synchronisant peu à peu avec le rythme apaisé des vagues, collés l’un à l’autre par la sueur, le sucre et l’amour, sous le ciel qui vire doucement au violet.
Le soleil a fini par sombrer derrière l’horizon, ne laissant qu’une traînée violacée qui se reflète sur l’eau devenue huileuse. La fraîcheur de la soirée commence à tomber sur nous, contrastant avec la chaleur de nos corps encore emmêlés sur le transat. Nous finissons nos verres dans un silence confortable, juste bercés par le ressac régulier. « Allez viens, j’ai une promesse à tenir et je ne voudrais pas faire attendre ma Reine… » « Il y’a longtemps que tu n’as pas cuisiné pour moi seulement , je t’attends au tournant, Monsieur P… » réponds-tu avec un sourire paresseux.
Nous rentrons dans la villa. J’allume quelques lumières indirectes qui transforment le salon en un cocon doré, tandis que la cuisine ouverte sur la mer devient notre nouveau terrain de jeu. Je lance une playlist douce et sors les ingrédients que j’avais fait livrer : une daurade royale à l’œil vif et aux écailles argentées, des mangues mûres à point dont la peau exhale déjà un parfum sucré, de la coriandre fraîche et des fruits de la passion fripés, gorgés de jus. « Ce soir ce sera Ceviche… frais, acidulé et sucré… un peu comme toi. » Tu ris et attrapes un tablier en lin que tu noues négligemment autour de ta taille. De face, il te donne un air presque sage, mais dès que tu te tournes, il ne cache absolument rien de ta cambrure, mettant en valeur tes fesses nues et ta courbe de reins affriolante…
La préparation commence. Je m’attaque à la daurade. La chair est ferme, nacrée. Mon couteau glisse le long de l’arête centrale avec un bruit mouillé caractéristique. Cela demande de la précision pour lever les filets sans les abîmer, une concentration totale. Toi, tu t’occupes de la garniture, ciselant l’oignon rouge en dés microscopiques qui viennent tacher tes doigts de pourpre. Je suis penché sur le plan de travail, ma pince à la main pour retirer les dernières arêtes une à une, le front plissé par l’attention, totalement absorbé par ma tâche… quand je sens ta chaleur dans mon dos. CLAC ! Ta main s’abat sur ma fesse avec une vigueur qui me fait sursauter et lâcher ma pince sur le marbre. Je me retourne, faussement outré, me frottant le bas du dos : « Dites donc Majesté ! Je croyais que le droit de cuissage avait été aboli à la Révolution ? » Tu es déjà collée à moi, ton ventre contre mon bassin, avec ce sourire diabolique que j’adore. Ta main, celle qui vient de me frapper, glisse le long de ma coupe de champagne posée juste à côté, capturant la condensation glacée sur le verre. Tu y trempes ton index, me fixant droit dans les yeux, et viens le poser sur mes lèvres. « Pas dans mon royaume… » murmures-tu avant d’ajouter : « Chut… c’est pour te donner du courage… » Je n’ai pas le choix. J’ouvre la bouche et suce ton doigt, goûtant le mélange de champagne froid et la pointe de sel de ta peau, totalement désarmé par ton audace.
Le match est lancé. Quelques minutes plus tard, c’est à ton tour d’être vulnérable. Tu es occupée à découper la mangue. La chair du fruit est glissante, orange vif, et le jus coule sur la planche. Tu es penchée sur l’îlot, concentrée pour faire des cubes parfaits, m’offrant une vue imprenable sur tes fesses rebondies que le tablier ne couvre pas. Je m’approche sans faire de bruit, mes pas couverts par la musique. L’odeur de la mangue et du citron vert emplit l’espace. Ma main part et vient claquer ta fesse gauche dans un bruit mat qui résonne dans toute la cuisine, faisant trembler ta chair. Tu pousses un petit cri de surprise et te redresses d’un bond, manquant de faire tomber ton couteau, avant d’éclater de rire en voyant mon air satisfait. Je me colle immédiatement à ton dos, mes bras venant t’entourer pour emprisonner tes mains poisseuses de sucre et t’empêcher de riposter. Je colle mon torse à ton dos nu, sentant ta colonne vertébrale contre mes pectoraux. « Un partout… La Révolution est en marche. » Je dépose un baiser dans ton cou, juste sous l’oreille, aspirant l’odeur sucrée de la mangue qui émane de tes mains et de tes cheveux. « Fais-moi goûter… » Tu attrapes un morceau de fruit juteux et le portes à ma bouche par-dessus ton épaule. Je le croque, mes lèvres effleurant tes doigts collants, et je profite de cette proximité pour presser mon bassin contre tes fesses, te faisant sentir que malgré le jeu enfantin, mon désir pour toi est toujours là, vibrant, dur, calé contre tes reins.
Le ceviche est enfin prêt. Dans les assiettes, c’est une explosion de couleurs : le blanc translucide du poisson « cuit » par le citron vert, le jaune solaire de la mangue, le rouge de l’oignon et le vert tendre de la coriandre. Nous passons à table sur la terrasse, éclairés par la danse vacillante de quelques bougies. La première bouchée est une révélation : la fraîcheur de la daurade, le piquant du piment d’espelette, la douceur du fruit… tout explose en bouche. Pas de grandes discussions, juste des regards soutenus au-dessus des verres de cristal, des sourires complices, et sous la table, nos pieds nus qui ne cessent de se chercher, de se caresser et de s’emmêler, promettant que le dessert sera encore plus savoureux.
Tu me rejoins et t’assois sur moi , bassin contre bassin , m’embrassant tendrement malgré l’envie qui nous dévore. “Qu’est ce que tu as prévu pour le dessert , cher sujet ?” dis tu avec cette lueur gourmande dans les yeux dont on ne sait si tu comptes me dévorer moi ou ce dessert qui n’est pas encore là… Je t’enlace , entrainant ton bassin encore plus contre le mien et te répond “Ma reine , j’ai pensé à quelque chose qui devrait vous plaire , en hommage à votre incandescente présence…”. Sans te lâcher je me releve , t’entrainant avec moi , tes jambes autour de ma taille , tes bras accrochés derriere ma nuque avant de te déposer délicatement sur la table et que tu en joues , gardant volontairement les jambes écartées pendant que je m’eloigne de toi en reculant. Je ravive les braises du barbecue et pendant que la temperature monte , je découpe un ananas frais en tranche. Je vais dans le cabanon prendre le rhum vanille et dispose les tranches sur la grille avant de les aroser de rhum puis d’y mettre le feu quelques secondes faisant ainsi caraméliser l’ananas. La flamme qui jaillit et le parfum diffusé dans l’air est si fort que tu quittes la table et t’approches , nos coupes de champagne à la main pour profiter du spectacle.
Tu poses ta main dans le bas de mon dos avant de me dire “Tu ne cesses de me surprendre P … et j’adore ça…”
Je me contente de sourire , je saupoudre d’un peu de sucre de canne qui caramélise immédiatement avec les sucs du fruit et le rhum encore chaud et je finis par retirer rapidement les tranches pour les disposer dans une petite assiette avant de les découper. Je nous guide vers la rembarde de la terrasse, face à la mer qui n’est plus qu’une masse sombre et apaisante sous le ciel étoilé. Tu t’appuies dos à la barrière, la brise marine caressant ton dos nu, et je viens me placer face à toi, te bloquant entre mon corps et le vide, créant une bulle de chaleur intime. Je pique un morceau d’ananas, le souffle doucement pour le tiédir, et l’approche de tes lèvres. « Ouvre… » Tu obéis, accueillant le fruit chaud. Je te vois fermer les yeux, savourant l’explosion du sucre, l’acidité du fruit et la rondeur de l’alcool cuit. Une goutte de jus caramélisé échappe à tes lèvres et perle au coin de ta bouche. Je n’utilise pas ma serviette. Je m’approche, lentement, et viens la cueillir du bout de la langue, goûtant le sucre chaud sur ta peau salée. Ce contact déclenche tout. Mes lèvres ne se décollent pas, elles glissent sur les tiennes, d’abord doucement, pour partager le goût du dessert, puis plus intensément. C’est un baiser profond, poisseux de sucre et d’envie. Ta bouche s’ouvre sous la mienne, ta langue vient chercher la saveur de l’ananas sur mon palais, jouant avec la mienne dans une danse lente et sirupeuse. Je dépose l’assiette sur le rebord de la balustrade pour libérer mes mains. Elles viennent se poser sur tes hanches, puis glissent dans ton dos, remontant le long de ta colonne vertébrale, mes doigts s’accrochant à ta peau nue comme pour s’y imprimer. Tu te presses contre moi, ton bassin cherchant le contact avec mon érection qui se devine sous le lin de mon pantalon, mais je ne brusque rien, préférant faire durer cette torture délicieuse. Je redescends mes mains, englobant tes fesses, les pétrissant doucement, profitant de leur rondeur et de leur fermeté, tandis que nos bouches continuent leur échange langoureux. Tu passes tes bras autour de mon cou, tes doigts jouant dans mes cheveux, et tu me tires un peu plus vers toi, m’offrant ta gorge que je m’empresse de couvrir de baisers humides, alternant entre la peau tendre de ton cou et le lobe de ton oreille. « C’est délicieux… » souffles-tu, et je ne sais pas si tu parles du fruit ou de l’instant. Je reprends un morceau d’ananas, le croque à moitié, et t’offre l’autre moitié directement de mes lèvres aux tiennes, partageant la bouchée dans une intimité troublante. Le jus coule un peu, nos mentons se touchent, collants et chauds. L’air est chargé d’électricité, mais c’est une tension douce, une promesse que la nuit sera longue. Je te regarde, les lèvres brillantes, les yeux voilés de désir, magnifique sous la lune. Ma main quitte ta fesse pour revenir caresser ta joue, mon pouce essuyant une trace de caramel sur ta lèvre inférieure avant que je ne le suce en te fixant intensément.
« Tu as le goût du péché, Mademoiselle A… »
« Ce dessert était parfait… Tu as tenu parole, c’était un repas merveilleux… » dis-tu en passant tes bras autour de mon cou, tes yeux plongeant dans les miens avec une intensité nouvelle. « Maintenant… viens avec moi chercher ta récompense… » D’un geste impérieux, tu m’entraînes vers la grande table en teck où nous avons dîné. D’un revers de main, tu écartes les assiettes vides, créant un espace sacré au centre du plateau. Tu dénoues ton tablier qui glisse au sol, révélant ta nudité totale sous la lune, et tu t’allonges sur le ventre , t’offrant à la nuit autant qu’à moi. « Approche… » Je m’exécute et me place devant ton visage comme tu m’y as invité. Tu attrapes la bouteille de champagne restée dans le seau à glace, tu la penches au-dessus de mon érection qui pointe vers ton visage. Un filet de liquide glacé et pétillant s’abat sur mon gland, coulant le long de ma verge. Le choc thermique me fait haleter, mes abdominaux se contractent violemment. Immédiatement, ta bouche chaude capture mon sexe. Le contraste est saisissant : la morsure du froid, la chaleur de ta gorge, le pétillement des bulles qui éclatent entre ta langue et ma peau. Tu ne te contentes pas de me sucer. Tu fais remonter le champagne le long de la hampe avec ta langue, nettoyant le sucre de l’ananas et l’alcool, avant de descendre plus bas. Tu gobes mes bourses, l’une après l’autre, jouant avec elles, aspirant la peau fine avec une intensité qui me fait tressaillir, mes mains venant se crisper sur le bord de la table pour ne pas céder tout de suite.
« À mon tour… » dis-je d’une voix rendue rauque par le désir. Je te fais glisser jusqu’au bord de la table. Tes fesses sont au bord du vide, tes jambes pendantes. Je prends une gorgée de champagne, mais je ne l’avale pas. Je me penche et laisse le liquide tiédi par ma bouche couler directement sur ton clitoris et tes lèvres. Tu cambres les reins, surprise par la sensation. Ma langue suit le chemin du vin. Je lèche, j’aspire, mêlant le goût du luxe à celui, bien plus enivrant, de ton intimité. Mes doigts prennent le relais, un, puis deux, puis trois, plongeant en toi avec rythme, faisant clapoter ta mouillure excessive. Tu es trempée, prête, offerte. Je me redresse, attrape tes chevilles et relève tes jambes jusqu’à ma poitrine, t’ouvrant complètement. Je pénètre en toi d’un coup, profitant de la lubrification naturelle et du champagne. Le bois de la table grince légèrement sous nos coups de boutoir. Mes mouvements sont amples, puissants. Je cherche le fond, je cherche à te marquer. Tes mains s’accrochent aux rebords de la table, tes jointures blanchissent sous l’effort, et quand tu ne te tiens pas, tes doigts viennent griffer mes bras ou pétrir tes propres seins, tes tétons pointant vers le ciel étoilé.
La cadence s’accélère, nos souffles se mêlent, l’air est saturé de sexe et d’iode. Puis, je ralentis. Je me retire doucement de ton vagin, laissant un vide que je comble immédiatement en posant mon gland sur ton autre entrée. La lune est haute maintenant, sa lumière blanche et crue baigne ton corps d’une aura spectrale, faisant briller la sueur sur ta peau comme des milliers de diamants. « Laisse-moi entrer… » Tu te détends, expirant longuement. Je pousse, lentement, millimètre par millimètre. Contrairement à la fougue précédente, cette pénétration est une cérémonie. Je suis d’une douceur absolue, cherchant à ne faire qu’un avec toi. Une fois ancré au plus profond de tes entrailles, je commence une danse lente. Je frotte ta paroi, je sens chaque contraction de ton sphincter qui m’enserre, qui m’épouse. C’est une sensation de plénitude totale. Je vois ton visage changer, tes traits se relâcher, tes yeux se révulser légèrement vers ce ciel infini. Je touche un point précis, encore et encore, avec une régularité de métronome. Tu ne cries pas. Tu gémis, un son profond, qui vient de tes tripes. L’orgasme anal monte, différent, plus sourd, plus envahissant. Je le sens arriver par les ondes qui parcourent ton corps sous mes mains posées sur tes hanches. Et quand tu jouis, c’est une implosion. Tu te figes, suspendue entre la douleur exquise et le plaisir absolu, ton corps vibrant à l’unisson avec la lumière lunaire, tandis que je continue, inlassablement, à te bercer de l’intérieur jusqu’à l’épuisement.
Je me retire de toi avec une infinie précaution, comme si je craignais de briser l’état de grâce dans lequel nous flottons. Tes jambes tremblent encore un peu lorsque je t’aide à descendre de la table, et je te soutiens fermement, t’enveloppant de mes bras pour te protéger de la fraîcheur soudaine de la nuit. Sans un mot, nous regagnons la chambre. Nous nous laissons tomber sur le lit immense, épuisés mais comblés. Pas de couverture, juste la caresse de l’air marin qui traverse la pièce. Mes mains recommencent leur voyage sur ton corps, mais cette fois, elles ne cherchent plus à exciter ou à posséder. Elles apaisent. Je trace les contours de ton visage, j’écarte une mèche de cheveux collée sur ton front par la sueur, je masse doucement tes épaules. Tu te blottis contre moi, ta tête au creux de mon épaule, ta main posée à plat sur mon cœur qui ralentit doucement sa course. Nous restons ainsi de longues minutes, savourant le silence, l’odeur du champagne qui a séché sur nos peaux et ce sentiment de plénitude rare.
Puis, je sens que tu commences à somnoler, mais je ne veux pas que cette nuit s’arrête tout de suite. Il manque une dernière touche à notre tableau. Je me redresse sur un coude et chuchote à ton oreille : « Viens… L’eau est chaude… allons nous laver de tout ça sous la lune. » Tu ouvres un œil, un sourire fatigué mais radieux aux lèvres, et tu hoches la tête. Nous sortons sur la terrasse. Je n’allume aucune lumière. La piscine est un miroir d’encre noire, seulement troublé par le reflet argenté de la lune. Nous glissons dans l’eau. Elle est délicieuse, à la température exacte de nos corps, nous enveloppant comme une seconde peau de soie. L’eau dissout les traces de sucre, de sueur et de plaisir, nous rendant notre pureté. Tu viens vers moi, flottant presque, et tu enroules tes jambes autour de ma taille. Je te soutiens par les fesses, légère comme une plume dans cette eau pure. Nos visages sont à quelques centimètres l’un de l’autre, éclairés par la clarté lunaire qui donne à tes yeux une profondeur abyssale. Je rentre en toi. Doucement. Naturellement. Ce n’est pas un acte sexuel, c’est une fusion. L’eau lubrifie nos mouvements, ralentit chaque geste, rendant chaque sensation plus floue et pourtant plus intense. Nous bougeons à peine, juste bercés par le clapotis de l’eau contre les margelles. Je t’embrasse, un baiser long, tendre, salé et chloré, un baiser d’amour pur. « Je suis bien… » souffles-tu contre mes lèvres. « Nous sommes seuls au monde, Anna… Juste toi, moi et la lune. » Et c’est dans cette étreinte aquatique, en apesanteur, que nous finissons par nous aimer lentement, jusqu’à ce que la fatigue nous oblige à regagner la terre ferme pour nous endormir, enfin, dans les bras l’un de l’autre.
